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Mécanique Ce que le RSI et les EMA mesurent vraiment

Parcours 1 — la mécanique complète

Les moyennes mobiles

Une moyenne mobile exponentielle est une seule ligne de calcul. Tout ce qu’on en raconte — le retard, la réactivité, les croisements — découle de cette ligne, et une bonne partie de ce qu’on en raconte est faux.

01 ·

La formule, et ce qu’elle implique vraiment

Une EMA se calcule ainsi, et il n’y a rien d’autre dedans :

EMA(t) = alpha × prix(t) + (1 − alpha) × EMA(t−1), avec alpha = 2 / (N + 1)

Chaque nouvelle valeur est un mélange entre le prix du jour et la valeur de la veille. Rien de plus. Le poids alpha décide de la part du neuf : pour une EMA 50, il vaut 0,039216, soit à peine 3,9 % de neuf à chaque Une bougie est un petit rectangle qui résume tout ce qui s’est passé pendant une tranche de temps : le prix au début, le prix à la fin, le plus haut et le plus bas atteints. Le mot « barre » désigne exactement le même objet..

Développez cette récurrence et vous obtenez le fait qui compte : la bougie située i périodes en arrière pèse alpha × (1 − alpha)^i. Ce poids diminue mais ne s’annule jamais. Une EMA n’oublie rien ; elle atténue. C’est la différence de nature avec une moyenne simple, qui coupe net au-delà de sa fenêtre.

Roberts, « Control Chart Tests Based on Geometric Moving Averages », Technometrics 1(3), août 1959, p. 239-250

Le banc de pondération

Coefficient alpha
0,039216
Demi-vie du poids
17,3 barres
Poids restant de la graine
13,5 %
Barres pour passer sous 1 %
116 barres

Les valeurs affichées correspondent à une EMA 50 après 50 bougies. Activez JavaScript pour les faire varier.

Conduite à tenir
  • Calculez le coefficient de votre moyenne : 2 divisé par (période + 1). Vous saurez quelle part de neuf entre dans la ligne à chaque bougie.
  • Déplacez le curseur « Période de l’EMA » du banc ci-dessus et lisez la demi-vie du poids : c’est le nombre de bougies au bout duquel une bougie compte moitié moins.
  • Ouvrez les paramètres de la moyenne posée sur votre graphique et relisez sa période comme une quantité de neuf acceptée, pas comme une longueur de fenêtre.
  • Ce que vous ne faites pas : vous ne dites plus qu’une EMA 50 « regarde les 50 dernières bougies ». Elle les regarde toutes, avec des poids qui décroissent sans jamais s’annuler.
02 ·

La mémoire qui ne s’efface jamais

C’est le piège le plus coûteux de tout ce parcours, parce qu’il est invisible.

Poids de chaque bougie passée dans une moyenne de 50 périodesDeux séries de barres. La moyenne exponentielle donne 3,92 % à la dernière bougie, 2,63 % à celle d’il y a dix bougies, et continue de décroître sans jamais atteindre zéro. La moyenne simple donne exactement 2,00 % à chacune des 50 dernières bougies, puis zéro net au-delà.EMA 50 — dernière : 3,92 %EMA 50 — −1 : 3,77 %EMA 50 — −2 : 3,62 %EMA 50 — −3 : 3,48 %EMA 50 — −4 : 3,34 %EMA 50 — −5 : 3,21 %EMA 50 — −6 : 3,08 %EMA 50 — −7 : 2,96 %EMA 50 — −8 : 2,85 %EMA 50 — −9 : 2,74 %EMA 50 — −10 : 2,63 %EMA 50 — −11 : 2,53 %EMA 50 — −12 : 2,43 %EMA 50 — −13 : 2,33 %EMA 50 — −14 : 2,24 %EMA 50 — −15 : 2,15 %EMA 50 — −16 : 2,07 %EMA 50 — −17 : 1,99 %EMA 50 — −18 : 1,91 %EMA 50 — −19 : 1,83 %EMA 50 — −20 : 1,76 %EMA 50 — −21 : 1,69 %EMA 50 — −22 : 1,63 %EMA 50 — −23 : 1,56 %EMA 50 — −24 : 1,50 %EMA 50 — −25 : 1,44 %EMA 50 — −26 : 1,39 %EMA 50 — −27 : 1,33 %EMA 50 — −28 : 1,28 %EMA 50 — −29 : 1,23 %EMA 50 — −30 : 1,18 %EMA 50 — −31 : 1,13 %EMA 50 — −32 : 1,09 %EMA 50 — −33 : 1,05 %EMA 50 — −34 : 1,01 %EMA 50 — −35 : 0,97 %EMA 50 — −36 : 0,93 %EMA 50 — −37 : 0,89 %EMA 50 — −38 : 0,86 %EMA 50 — −39 : 0,82 %EMA 50 — −40 : 0,79 %EMA 50 — −41 : 0,76 %EMA 50 — −42 : 0,73 %EMA 50 — −43 : 0,70 %EMA 50 — −44 : 0,67 %EMA 50 — −45 : 0,65 %EMA 50 — −46 : 0,62 %EMA 50 — −47 : 0,60 %EMA 50 — −48 : 0,57 %EMA 50 — −49 : 0,55 %EMA 50 — −50 : 0,53 %EMA 50 — −51 : 0,51 %EMA 50 — −52 : 0,49 %EMA 50 — −53 : 0,47 %EMA 50 — −54 : 0,45 %EMA 50 — −55 : 0,43 %EMA 50 — −56 : 0,42 %EMA 50 — −57 : 0,40 %EMA 50 — −58 : 0,39 %EMA 50 — −59 : 0,37 %EMA 50 — −60 : 0,36 %EMA 50 — −61 : 0,34 %EMA 50 — −62 : 0,33 %EMA 50 — −63 : 0,32 %EMA 50 — −64 : 0,30 %EMA 50 — −65 : 0,29 %EMA 50 — −66 : 0,28 %EMA 50 — −67 : 0,27 %EMA 50 — −68 : 0,26 %EMA 50 — −69 : 0,25 %SMA 50 — dernière : 2,00 %SMA 50 — −1 : 2,00 %SMA 50 — −2 : 2,00 %SMA 50 — −3 : 2,00 %SMA 50 — −4 : 2,00 %SMA 50 — −5 : 2,00 %SMA 50 — −6 : 2,00 %SMA 50 — −7 : 2,00 %SMA 50 — −8 : 2,00 %SMA 50 — −9 : 2,00 %SMA 50 — −10 : 2,00 %SMA 50 — −11 : 2,00 %SMA 50 — −12 : 2,00 %SMA 50 — −13 : 2,00 %SMA 50 — −14 : 2,00 %SMA 50 — −15 : 2,00 %SMA 50 — −16 : 2,00 %SMA 50 — −17 : 2,00 %SMA 50 — −18 : 2,00 %SMA 50 — −19 : 2,00 %SMA 50 — −20 : 2,00 %SMA 50 — −21 : 2,00 %SMA 50 — −22 : 2,00 %SMA 50 — −23 : 2,00 %SMA 50 — −24 : 2,00 %SMA 50 — −25 : 2,00 %SMA 50 — −26 : 2,00 %SMA 50 — −27 : 2,00 %SMA 50 — −28 : 2,00 %SMA 50 — −29 : 2,00 %SMA 50 — −30 : 2,00 %SMA 50 — −31 : 2,00 %SMA 50 — −32 : 2,00 %SMA 50 — −33 : 2,00 %SMA 50 — −34 : 2,00 %SMA 50 — −35 : 2,00 %SMA 50 — −36 : 2,00 %SMA 50 — −37 : 2,00 %SMA 50 — −38 : 2,00 %SMA 50 — −39 : 2,00 %SMA 50 — −40 : 2,00 %SMA 50 — −41 : 2,00 %SMA 50 — −42 : 2,00 %SMA 50 — −43 : 2,00 %SMA 50 — −44 : 2,00 %SMA 50 — −45 : 2,00 %SMA 50 — −46 : 2,00 %SMA 50 — −47 : 2,00 %SMA 50 — −48 : 2,00 %SMA 50 — −49 : 2,00 %SMA 50 — −50 : 0,00 %SMA 50 — −51 : 0,00 %SMA 50 — −52 : 0,00 %SMA 50 — −53 : 0,00 %SMA 50 — −54 : 0,00 %SMA 50 — −55 : 0,00 %SMA 50 — −56 : 0,00 %SMA 50 — −57 : 0,00 %SMA 50 — −58 : 0,00 %SMA 50 — −59 : 0,00 %SMA 50 — −60 : 0,00 %SMA 50 — −61 : 0,00 %SMA 50 — −62 : 0,00 %SMA 50 — −63 : 0,00 %SMA 50 — −64 : 0,00 %SMA 50 — −65 : 0,00 %SMA 50 — −66 : 0,00 %SMA 50 — −67 : 0,00 %SMA 50 — −68 : 0,00 %SMA 50 — −69 : 0,00 %bougies de recul
En cyan, l’EMA 50 ; en gris, la SMA 50. Voilà ce qu’est réellement une moyenne mobile : une distribution de poids. Les barres grises sont toutes de la même hauteur — 2,00 % pour chacune des 50 dernières bougies — puis elles s’arrêtent net : au-delà, la moyenne simple ne sait plus rien. Les barres cyan partent de 3,92 % et décroissent sans jamais s’annuler : sur ces 70 rangs, l’EMA a distribué 93,9 % de son poids, le reste est dilué dans un passé infini. C’est toute la différence entre les deux, et elle tient dans cette image. Aucune ne prédit quoi que ce soit : elles pondèrent différemment le même passé.
Lire les valeurs chiffrées
Valeurs chiffrées — En cyan, l’EMA 50 ; en gris, la SMA 50. Voilà ce qu’est réellement une moyenne mobile : une distribution de poids. Les barres grises sont toutes de la même hauteur — 2,00 % pour chacune des 50 dernières bougies — puis elles s’arrêtent net : au-delà, la moyenne simple ne sait plus rien. Les barres cyan partent de 3,92 % et décroissent sans jamais s’annuler : sur ces 70 rangs, l’EMA a distribué 93,9 % de son poids, le reste est dilué dans un passé infini. C’est toute la différence entre les deux, et elle tient dans cette image. Aucune ne prédit quoi que ce soit : elles pondèrent différemment le même passé.
BougiePoids EMA 50Poids SMA 50
la dernière3,922 %2,000 %
il y a 13,768 %2,000 %
il y a 53,211 %2,000 %
il y a 102,629 %2,000 %
il y a 201,762 %2,000 %
il y a 490,552 %2,000 %
il y a 500,531 %0,000 %
il y a 600,356 %0,000 %

Une EMA doit bien démarrer quelque part. Cette valeur de départ s’appelle la graine, et la question que personne ne se pose est : combien de temps pèse-t-elle encore ?

La réponse est déroutante : toujours. Le poids de la graine décroît à chaque bougie, mais il ne s’annule jamais. La seule question qui a un sens est donc « au bout de combien de temps devient-il négligeable », et la réponse dépend de la période — pas de la règle qu’on vous a apprise.

60,7 %du poids d’une EMA 200 vient encore de sa graine 50 bougies après son démarrage.
461bougies avant que cette graine pèse moins de 1 %.
69,3bougies de demi-vie pour l’écart entre deux amorçages différents d’une EMA 200.
Ce qu’on entend, et qui est faux

« Après 250 bougies, la moyenne est stabilisée »

Cette règle des 250 bougies circule partout, et elle n’est valable que jusqu’à une période d’environ 50 — où 116 bougies suffisent. Pour une EMA 200, il en faut 461 avant que la valeur de départ pèse moins de 1 %. Conséquence directe et vérifiable : deux plateformes qui affichent « la même » EMA 200 sur un historique court affichent en réalité deux courbes différentes, et vous ne pouvez pas le voir à l’œil.

Calculé à la construction de cette page : poids résiduel = (1 − α)^k, α = 2/(N+1)

Sur le graphique de la page d’accueil, l’EMA 200 est tracée dès la première bougie — sur les 302 que porte ce jeu de données. Et c’est bien pire qu’un trou : pendant ses premières centaines de bougies, cette courbe a l’apparence d’une moyenne longue sans en avoir la matière. Elle est encore largement déterminée par la façon dont on l’a démarrée, et rien à l’écran ne le signale. Il faut 461 bougies pour que ce point de départ pèse moins de 1 % : sur cet historique de 302, on n’y est jamais arrivé.

Conduite à tenir
  • Faites défiler le graphique jusqu’à la première bougie disponible et comptez combien de bougies séparent ce début de la zone où vous travaillez.
  • Si ce nombre est inférieur à 461 pour une EMA 200, vous saurez que la ligne affichée doit encore plus de 1 % de sa valeur à son point de départ.
  • Affichez la même EMA 200 sur deux plateformes à la même date et notez les deux valeurs, au lieu de chercher laquelle aurait raison.
  • Ce que vous ne faites pas : vous ne prenez plus « après 250 bougies, la moyenne est stabilisée » pour acquis : la règle tient jusqu’à une période d’environ 50, où 116 bougies suffisent, et pas au-delà.
03 ·

Le retard : la croyance la mieux partagée, et elle est fausse

« L’EMA réagit plus vite que la SMA » est probablement la phrase la plus répétée du domaine. Elle a un sens précis, et à ce sens précis, elle est fausse.

Le retard moyen d’une moyenne, c’est l’âge moyen de l’information qu’elle contient : on prend chaque bougie du passé, on la pèse de son poids dans le calcul, et on fait la moyenne de leurs âges. Sur ce terrain-là, une EMA de période N et une SMA de période N donnent exactement le même nombre. Ce n’est pas une opinion : c’est une identité, et le moteur de ce site la vérifie en injectant une impulsion.

Ce qu’on entend, et qui est faux

« L’EMA a moins de retard que la SMA de même période »

Au sens du retard moyen, une EMA de Le span d’une moyenne exponentielle, c’est la longueur de la moyenne simple qui aurait le même retard : dire « EMA de span 27 » revient à dire « réagit comme une moyenne simple de 27 bougies ». Le lissage de Wilder d’un RSI 14 a un span de 27, pas de 14. N et une SMA de N ont exactement le même : (N − 1) / 2. Une EMA 200 et une SMA 200 ont toutes deux 99,5 bougies de retard moyen. Ce qui change entre elles n’est pas le barycentre de la pondération, c’est sa forme — l’EMA étale son poids sur un passé infini là où la SMA le distribue uniformément puis coupe.

Retards mesurés sur le moteur de ce site, en y injectant une impulsion et en pesant sa réponse — pas recopiés d’une formule : SMA = (N−1)/2 · EMA = (N−1)/2 · WMA = (N−1)/3 · RMA = N−1. Écart mesure/formule inférieur à 10⁻¹² (outils/retard.mjs)
Trois façons de faire une moyenne sur 14 bougiesTrois courbes de poids sur 40 bougies, de la plus récente à gauche à la plus ancienne à droite. La moyenne simple forme un rectangle : les 14 dernières bougies comptent exactement pareil, et tout ce qui précède ne compte pas du tout. L’EMA forme une pente qui descend vite puis s’aplatit : la bougie la plus récente pèse le plus, et aucune ne tombe jamais tout à fait à zéro. Le lissage de Wilder a la même forme que l’EMA, mais descend deux fois plus lentement : sa demi-vie vaut environ 9,4 bougies contre 4,8 pour l’EMA, alors que les deux affichent le même nombre 14. C’est la raison pour laquelle un RSI de Wilder et un RSI construit sur une EMA du même réglage ne donnent pas les mêmes valeurs.la bougie qui vient de fermeril y a 40 bougiespoidsMoyenne simple14 bougies comptées dupareil, puis plus rien toutEMAchaque bougie compte,de moins en moinsLissage de Wilderla même chose, deuxfois plus lentement
Voilà la fameuse « forme », dessinée. La moyenne simple est un rectangle : les quatorze dernières bougies comptent exactement pareil, et tout ce qui précède ne compte pas du tout. L’EMA est une pente qui plonge puis s’aplatit sans jamais toucher zéro. Le lissage de Wilder a la même forme, en descendant deux fois plus lentement — c’est pourquoi un RSI de Wilder et un RSI construit sur une EMA du même réglage ne donnent pas les mêmes valeurs. Les hauteurs de ce dessin ne sont pas illustratives : ce sont les poids que le moteur applique réellement, et un test les vérifie en envoyant une impulsion dans la fonction de calcul plutôt qu’en recopiant la formule à côté.
Le décalage du sommet, à ne pas confondre avec le retard moyenDeux courbes superposées sur la même période. La première est un prix qui monte, atteint un sommet, puis redescend. La seconde est sa moyenne mobile exponentielle de 200 périodes, calculée sur ce prix : elle a la même forme, en plus lisse, et son sommet arrive 27 bougies après celui du prix. Une double flèche mesure cet écart en bas du dessin. Attention à une confusion très répandue : ce décalage du sommet n’est pas le retard moyen de la moyenne, qui vaut 99,5 bougies pour une période de 200. Le retard moyen est l’âge moyen de toute l’information contenue dans le calcul ; le décalage du sommet est ce que l’œil voit sur un retournement particulier. Les deux nombres sont justes et ne mesurent pas la même chose. Ce que le dessin montre, en revanche, vaut pour les deux : au moment où la moyenne signale le retournement, il a déjà eu lieu. Ce n’est pas un défaut qu’un réglage malin supprimerait, c’est la contrepartie exacte du lissage — une moyenne sans retard serait le prix lui-même, avec toutes ses secousses.27 bougies de décalage du sommetle prix a déjà tournéla moyenne tourne enfin⚠ Ceci n’est pas le « retard moyen » de 99,5 bougies dont parle cette page : ce sont deux grandeurs différentes, expliquées ci-dessous.
Et voici pourquoi « retard » prête à confusion : le mot recouvre deux grandeurs. Ce que l’œil voit sur un retournement, c’est le décalage du sommet — la moyenne tourne quelques dizaines de bougies après le prix. Ce que la page mesure juste au-dessus, c’est le retard moyen, l’âge moyen de toute l’information contenue dans le calcul, soit 99,5 bougies pour une période de 200. Les deux nombres sont justes, et ils ne répondent pas à la même question. La distinction n’est pas un détail de vocabulaire : c’est elle qui explique qu’une EMA et une SMA de même période aient exactement le même retard moyen tout en n’ayant pas du tout la même allure à l’écran.
Retard moyen des 4 lissages usuels.
LissageRetard moyenPour N = 200
Moyenne simple (SMA)(N − 1) / 299,5
Moyenne exponentielle (EMA)(N − 1) / 299,5
Moyenne pondérée linéaire (WMA)(N − 1) / 366,3
La façon de calculer la moyenne que Wilder a employée pour son RSI : chaque nouvelle bougie compte pour une fraction de la période, et non pour la fraction habituelle d’une moyenne exponentielle. (RMA)N − 1199,0

Le désaccord qu’il faut connaître. Zakamulin conteste l’usage même de cette notion : selon lui, le retard moyen « n’a que très peu à voir avec le délai de détection d’un point de retournement », et il se manipule trivialement par des constructions à poids négatifs. Autrement dit : la phrase « la moyenne 200 a cent jours de retard » est à la fois exacte au sens du calcul et trompeuse au sens de l’usage.

Nous avons essayé de mesurer l’autre retard, et voici ce que ça donne. Le retard « utile » — de combien de bougies la ligne est-elle en retard sur le prix lui-même ? — se cherche en décalant la moyenne devant le prix et en gardant le décalage où les deux se ressemblent le plus. Sur les 302 bougies horaires du dollar utilisées ici, ce décalage ne tient pas en place : il vaut 12, puis 9, puis 11 bougies selon la seule largeur de la fenêtre de recherche, et le meilleur décalage ne devance son voisin immédiat que de 0,0002. Il n’y a pas de pic ; il y a un plateau. Et pour l’EMA 200, ce même calcul répond zéro bougie de retard — pour une moyenne dont le barycentre est à 99,5 bougies.

Ce qu’il faut en retenir, et c’est la seule chose à retenir. Les deux nombres sont justes ; ils ne répondent pas à la même question. 99,5 dit l’âge moyen de l’information contenue dans la ligne. Zéro dit qu’on ne peut pas lire un délai de réaction sur trois cents bougies. Quand quelqu’un vous vend une moyenne « à faible retard », demandez-lui lequel des deux il mesure. Dans l’immense majorité des cas, il n’a mesuré ni l’un ni l’autre.

Zakamulin, Market Timing with Moving Averages: The Anatomy and Performance of Trading Rules, Palgrave Macmillan, 2017, chap. 3 — c’est le livre qui porte cette critique, pas l’étude de 2015 citée ailleurs sur cette page
Conduite à tenir
  • Superposez une SMA 200 et une EMA 200 sur le même graphique : vous verrez deux tracés voisins, pas une ligne rapide et une ligne lente.
  • Appliquez (N − 1) / 2 à la période que vous employez, et gardez ce nombre en tête quand la ligne « confirme » un retournement.
  • Quand on vous vend une moyenne « à faible retard », demandez laquelle des deux quantités est mesurée : l’âge moyen de l’information, ou le délai de réaction.
  • Ce que vous ne faites pas : vous ne choisissez plus une EMA plutôt qu’une SMA « parce qu’elle réagit plus vite ». À période égale, le barycentre de leur pondération est le même.
04 ·

D’où viennent 50 et 200 ?

Réponse courte : personne ne le sait, et aucune source primaire ne l’établit.

EUR/USD en journalier, 150 dernières bougies150 bougies d’EUR/USD en journalier, avec une EMA 50 et une EMA 200 calculées sur l’historique complet de 299 bougies. Sur cet historique, les deux moyennes se croisent 4 fois, dont 3 dans la fenêtre affichée.Croisement baissier à la bougie 200Croisement haussier à la bougie 212Croisement baissier à la bougie 249
EUR/USD en journalier — données réelles relevées le 14 août 2026 sur TradingView, la dernière bougie écartée parce qu’elle n’était pas close. C’est le couple 50/200 sur la paire et l’unité de temps qui posent les fondations de la méthode. Les points marqués sont les croisements des deux moyennes, détectés par le moteur du site : comptez-les, et comparez à la fréquence à laquelle on vous en parle.
Lire les valeurs chiffrées
Valeurs chiffrées — EUR/USD en journalier — données réelles relevées le 14 août 2026 sur TradingView, la dernière bougie écartée parce qu’elle n’était pas close. C’est le couple 50/200 sur la paire et l’unité de temps qui posent les fondations de la méthode. Les points marqués sont les croisements des deux moyennes, détectés par le moteur du site : comptez-les, et comparez à la fréquence à laquelle on vous en parle.
BougieLa clôture est le dernier prix atteint juste avant que la tranche de temps se termine. C’est le seul des quatre prix d’une bougie qui ne bougera plus jamais ensuite.EMA 50EMA 200
15/01/20261,15991,16681,1624
05/02/20261,18171,17401,1652
26/02/20261,18171,17781,1676
19/03/20261,15711,16811,1661
09/04/20261,17251,16391,1650
30/04/20261,17211,16821,1663
21/05/20261,16021,16801,1666
11/06/20261,15671,16401,1656
02/07/20261,14381,15481,1626
23/07/20261,13711,14871,1597

La règle de timing par moyenne mobile est attribuée par la littérature académique à H. M. Gartley, Profits in the Stock Market, 1935 — et elle portait sur le prix comparé à sa moyenne 200, pas sur un croisement de deux moyennes. Les jalons suivants disent la même chose : Granville en 1960, puis Gordon en 1968, qui teste sur 1897-1967 une règle d’achat déclenchée quand l’indice clôture au moins 1 % au-dessus de sa moyenne 200.

Aucune source primaire n’attribue le terme « golden cross » ni le couple 50/200 à une personne, une publication ou une date. Les glossaires de courtiers japonais, eux, définissent leur ゴールデンクロス sur 13 semaines contre 26.

Ce qu’on entend, et qui est faux

« 50 jours, c’est un trimestre ; 200 jours, c’est une année de bourse »

Un trimestre compte environ 63 séances et une année environ 252. L’explication est donc fausse d’environ 20 % dans les deux cas. C’est une justification construite après coup pour donner du sens à deux nombres ronds.

Ce qu’on entend, et qui est faux

« Brock, Lakonishok et LeBaron ont validé le croisement 50/200 en 1992 »

Leur étude est réelle et solide — Dow Jones 1897-1986, 26 règles, un écart de +0,067 % par jour entre périodes d’achat et de vente. Mais leurs règles s’écrivent 1-50, 1-150, 1-200, 2-200, 5-150 : la branche courte vaut 1, 2 ou 5 jours. Ce sont des règles de prix contre moyenne, pas des croisements 50/200. Et leur résultat n’incorpore aucun coût de transaction.

Brock, Lakonishok & LeBaron, Journal of Finance, 1992
Nombre de croisements EMA 50 / EMA 200 observés sur chaque jeu de données du site.
DonnéesBougiesCroisements 50/200
Indice du dollar, 1 heure3021
EUR/USD, journalier2994
EUR/USD, 4 heures2993

Voilà l’ordre de grandeur réel : sur des historiques de 299 à 302 bougies, le fameux croisement se produit de une à quatre fois. C’est un événement rare, et c’est la première raison pour laquelle on ne peut rien en conclure statistiquement : la page Ce qui décide montre qu’il en faudrait plusieurs centaines. La seconde raison est plus gênante encore : un signal aussi rare met des années à produire un L’échantillon, c’est le nombre de cas réellement observés sur lesquels un chiffre est calculé : vingt trades, ou deux mille., et pendant ce temps le marché sur lequel on l’a mesuré a changé.

Conduite à tenir
  • Comptez sur votre propre graphique les croisements 50/200 des deux dernières années : vous saurez de quelle taille d’échantillon vous disposez réellement.
  • Ouvrez les paramètres de vos deux moyennes et écrivez à côté de chaque période la raison qui vous l’a fait choisir. Une case vide signale un héritage, pas un réglage.
  • Quand une source attribue le couple 50/200 à quelqu’un, demandez la référence primaire.
  • Ce que vous ne faites pas : vous ne justifiez plus 50 et 200 par « un trimestre » et « une année de bourse ». Le décompte réel des séances ne tombe ni sur l’un ni sur l’autre.