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Mécanique Ce que le RSI et les EMA mesurent vraiment

Parcours 2 — le lissage, les seuils, les divergences

Le RSI

Publié par Welles Wilder en 1978. Presque tout ce qu’on en dit aujourd’hui ne vient pas de lui — y compris la façon dont beaucoup de gens le calculent.

01 ·

La formule exacte

Le RSI ne pose qu’une question : sur les dernières bougies, les hausses pèsent-elles plus lourd que les baisses ? Si les deux plateaux s’équilibrent, l’indicateur vaut 50. S’il penche du côté des hausses, il monte vers 100 ; du côté des baisses, il descend vers 0.

Rien d’autre n’est mesuré. Tout ce qui suit — la formule, le lissage, la période — ne décrit que la manière de peser, jamais ce qui est pesé.

RSI = 100 − 100 / (1 + RS)

où RS est le rapport entre la moyenne des hausses et la moyenne des baisses sur n périodes, calculées sur les clôtures — jamais sur les extrêmes de la bougie.

Tout se joue dans le mot « moyenne ». Wilder n’utilise ni une moyenne simple, ni une moyenne exponentielle ordinaire. Il écrit une récurrence particulière :

« Multiply the previous average UP close by 13, add to this… »

J. Welles Wilder, New Concepts in Technical Trading Systems, 1978, section VI

Multiplier par 13 puis diviser par 14, c’est poser alpha = 1/N. Une EMA ordinaire, elle, pose alpha = 2/(N+1). Ce ne sont pas les mêmes coefficients, et l’écart n’est pas une subtilité :

α = 1/14Wilder. Ce lissage porte un nom : RMA sur TradingView, SMMA ailleurs.
EMA 27L’équivalent exact. Un RSI 14 a la mémoire d’une EMA de Le span d’une moyenne exponentielle, c’est la longueur de la moyenne simple qui aurait le même retard : dire « EMA de span 27 » revient à dire « réagit comme une moyenne simple de 27 bougies ». Le lissage de Wilder d’un RSI 14 a un span de 27, pas de 14. 27, pas 14.
15clôtures nécessaires pour la première valeur d’un RSI 14 — pas 14, puisqu’il faut 14 variations.
Ce qu’on entend, et qui est faux

« Un RSI 14, c’est une moyenne sur 14 périodes »

L’identité algébrique est nette : Wilder(N) ≡ EMA(2N − 1), parce que 2 / ((2N−1) + 1) = 1/N. Un RSI 14 réagit donc comme une moyenne de span 27. C’est vérifié dans le moteur de calcul de ce site par un test dédié. Variante courante et fausse de deux unités : « Wilder n ≈ EMA 2n » — c’est 2n − 1.

Conduite à tenir
  • Ouvrez la documentation de l’indicateur RSI de votre plateforme et cherchez-y le mot RMA, SMMA ou Wilder : vous saurez quel lissage tourne réellement sous vos yeux.
  • Quand vous comparez votre RSI 14 à une Une moyenne mobile est une ligne qui affiche, à chaque bougie, la moyenne des prix récents, recalculée à chaque nouvelle bougie. La SMA compte ces prix à parts égales, l’EMA donne plus de poids aux plus récents., comparez-le à une EMA de span 27.
  • Sur un historique fraîchement chargé, écartez la première valeur du RSI : il faut quinze clôtures pour en produire une, puisqu’il faut quatorze variations.
  • Ce que vous ne faites pas : vous ne dites plus « mon RSI 14 travaille sur 14 bougies ». Sa mémoire est celle d’une moyenne de span 27.
02 ·

Le lissage change tout, et on peut le mesurer

Le même prix, la même période, trois lissages. Trois indicateurs différents.

Le lissage n’est pas un détail de réglage caché dans un menu : c’est ce qui transforme une suite de variations de prix en la courbe que vous regardez. Trois lissages différents appliqués aux mêmes bougies, avec la même période, ne donnent pas trois nuances du même indicateur — ils donnent trois indicateurs.

Le comparateur ci-dessous le montre sur des données réelles. Basculez d’un lissage à l’autre : le prix ne bouge pas, la courbe si, et le nombre de fois où elle passe sous 30 va de 6 à 15 selon le lissage retenu.

Comparateur de lissage — RSI 14 sur les mêmes données

Lissage de Wilder — le vrai

RSI 14 lissé WilderUn RSI de période 14 lissé Wilder, sur les 150 dernières bougies. Sur l’historique complet de 302 bougies, 0 passent au-dessus de 70 et 6 en dessous de 30.3070

Lissage en moyenne simple

RSI 14 lissé en moyenne simpleUn RSI de période 14 lissé en moyenne simple, sur les 150 dernières bougies. Sur l’historique complet de 302 bougies, 16 passent au-dessus de 70 et 9 en dessous de 30.3070

Lissage en moyenne exponentielle

RSI 14 lissé en moyenne exponentielleUn RSI de période 14 lissé en moyenne exponentielle, sur les 150 dernières bougies. Sur l’historique complet de 302 bougies, 10 passent au-dessus de 70 et 15 en dessous de 30.3070

Les trois graphiques sont présents dans la page. Sans JavaScript, ils s’affichent tous les trois à la suite plutôt que par bascule.

Effet du lissage sur le franchissement des seuils, mesuré sur nos données réelles.
LissagePassages au-dessus de 70Passages sous 30Écart moyen au RSI de Wilder
Wilder — le seul conforme06—
Moyenne simple1697,67 pts
Moyenne exponentielle10155,01 pts

Ces nombres sont calculés à la construction de cette page, sur les 302 bougies horaires réelles du jeu de données. Le même exercice a été mené sur 300 barres d’une marche aléatoire à graine fixe, donc reproductible à l’identique. L’écart moyen entre Wilder et moyenne simple y vaut 5,89 points. Le nombre de passages au-dessus de 70 va de 0 à 4, celui des passages sous 30 de 7 à 12.

Ce que ça veut dire concrètement. Un Rejouer une règle sur des prix passés pour voir ce qu’elle aurait donné. qui teste « acheter sous 30 » ne teste pas la même stratégie selon le lissage employé. Si votre plateforme et celle de la personne qui vous a enseigné la règle ne lissent pas pareil, vous ne parlez pas du même indicateur — et aucune des deux ne s’en apercevra.

Conduite à tenir
  • Basculez les trois vues du comparateur ci-dessus et regardez, sur la même période, combien de fois chaque tracé franchit 70.
  • Avant de reprendre une règle apprise ailleurs, demandez quel lissage la personne emploie. Sans cette réponse, vous ne parlez pas du même indicateur.
  • Dans vos notes de test, inscrivez le lissage à côté du résultat ; un résultat sans cette mention n’est pas reproductible.
  • Ce que vous ne faites pas : vous ne concluez pas d’un écart avec la capture d’écran de quelqu’un d’autre que l’une des deux plateformes se trompe.
03 ·

30 et 70 : ce que Wilder a écrit, et ce qu’il n’a pas écrit

Les seuils sont bien de lui. Son texte porte :

« FAILURE SWINGS above 70 or below 30 on the RSI scale are strong »

J. Welles Wilder, 1978, section VI

Lisez la phrase en entier. Ce ne sont pas les niveaux qui portent le signal chez Wilder : ce sont les figures — le Le failure swing est une figure en trois temps qui se lit sur la seule courbe du RSI : elle pousse très loin, revient, réessaie sans faire mieux, puis repasse le niveau où son retour s’était arrêté. Le prix n’entre jamais dans la définition., la divergence, la cassure d’un support tracé sur le RSI lui-même. Le niveau situe une zone. Et le mot qu’il emploie est « indication », pas « confirmation ».

Un seuil ne fait donc rien d’autre que découper en deux une grandeur continue. Ce qui est juste au-dessus et juste en dessous du trait est la même matière ; c’est le trait qui est arbitraire, pas la matière.

Ce qu’on entend, et qui est faux

« Sous 30, on achète ; au-dessus de 70, on vend »

Testée directement sur l’USD/CHF quotidien de 1998 à 2009, la configuration standard RSI(14) 30/70 perd 3 009 pips sur 53 trades. La même étude trouve +6 621 pips avec des seuils 35/65 — mais elle a balayé sept grilles de seuils sur une seule paire sans aucune correction pour tests multiples. Le « meilleur seuil » qui en sort est un maximum d’L’échantillon, c’est le nombre de cas réellement observés sur lesquels un chiffre est calculé : vingt trades, ou deux mille., pas une performance à attendre. Retenez le premier chiffre, méfiez-vous du second.

Anderson & Li, 2015, USD/CHF quotidien 05/01/1998 – 22/05/2009, 2 955 observations

Il existe une autre lecture, attribuée à Andrew Cardwell : en tendance établie, le RSI ne visiterait pas le même intervalle. Une tendance haussière solide le verrait évoluer autour de 40-80, une tendance baissière autour de 20-60. Attendre 30 pour acheter dans une tendance haussière franche reviendrait alors à attendre indéfiniment.

Et voici pourquoi ce paragraphe est écrit au conditionnel. Nous n’avons trouvé aucune source primaire accessible d’Andrew Cardwell pour ces deux intervalles. Ils circulent largement, ils sont plausibles, ils correspondent à ce qu’on observe — et rien de tout cela n’est une mesure. Ils sont mentionnés ici pour mémoire, sans statut de fait établi. Une version antérieure de cette page annonçait « entre 40 et 90 » en l’attribuant à la documentation de TradingView : le 90 n’existait dans aucune source, et l’attribution était fausse. C’est exactement le défaut que cette page reproche au reste de l’industrie, et il valait mieux l’écrire que l’effacer.

Conduite à tenir
  • Repérez sur votre graphique le dernier passage du RSI sous 30 et regardez ce que le prix a fait ensuite, sans rien décider : vous verrez ce que le niveau situe, et rien de plus.
  • Cherchez plutôt le failure swing décrit par Wilder : le RSI casse son propre creux ou son propre sommet précédent, sans qu’on regarde le prix.
  • Si votre marché est en tendance franche, relevez pendant deux semaines la valeur la plus basse atteinte par le RSI : vous saurez si votre seuil est simplement hors d’atteinte.
  • Ce que vous ne faites pas : vous n’achetez pas parce que le RSI passe sous 30. Testée telle quelle, la configuration perd sur l’étude citée ci-dessus, et le seuil « optimal » qu’elle trouve est un maximum d’échantillon.
04 ·

Les divergences, en entier

Le sujet le plus vendu, le moins mesuré, et celui où le piège est le plus profond.

Une divergence, c’est un désaccord entre deux courbes : le prix va dans un sens, l’indicateur dans l’autre. L’idée est ancienne, elle est intuitive, et elle est vendue partout comme le signal le plus fiable du RSI.

Quatre figures différentes se cachent derrière ce seul mot, et on les confond constamment. Les voici séparées — puis, deux sections plus bas, mesurées une par une sur 2 478 cas réels.

L’anatomie d’une divergence baissièreDeux panneaux superposés, comme sur un écran de trading. En haut le prix : il monte deux fois, et le second sommet dépasse le premier. En bas le RSI, sur les mêmes instants : il monte aussi deux fois, mais son second sommet reste plus bas que le premier. Un trait relie les deux sommets du prix, un autre les deux sommets du RSI ; le premier monte, le second descend. Ce désaccord entre les deux traits est ce qu’on appelle une divergence baissière. Le dessin montre la forme, pas un résultat : il ne dit rien de ce qui se passe ensuite.Le prixLe RSI, dessousLe prix faitun sommet PLUS HAUT…mais le RSI faitun sommet PLUS BASLes deux traitspenchent en sensCONTRAIRE.
Une divergence est un désaccord entre deux comparaisons, pas une forme à reconnaître. On compare deux sommets du prix entre eux, deux sommets du RSI entre eux, et on regarde si les deux comparaisons vont dans le même sens. Ici le prix dit « plus haut », le RSI dit « plus bas » : c’est tout ce que le mot recouvre. Les deux traits verticaux comptent autant que les courbes — sans eux, on comparerait deux extrêmes qui ne se produisent pas au même moment. Ce dessin est une définition, pas une mesure : il est propre et net, un graphique réel ne l’est jamais. La mesure arrive deux sections plus bas, sur 2 478 cas, et elle ne dit pas ce que la définition laisse espérer.
Les quatre formes de divergenceUne grille à quatre cases. Les colonnes séparent ce qu’on regarde : à gauche des creux (on parle alors de divergence haussière), à droite des sommets (baissière). Les rangées séparent les deux familles : en haut la classique, censée annoncer un retournement, en bas la cachée, censée annoncer une continuation. Dans chaque case, deux petits traits : celui du prix et celui du RSI, qui penchent toujours en sens contraire. Classique haussière : le prix fait un creux plus bas, le RSI un creux plus haut. Classique baissière : le prix fait un sommet plus haut, le RSI un sommet plus bas. Cachée haussière : le prix fait un creux plus haut, le RSI un creux plus bas. Cachée baissière : le prix fait un sommet plus bas, le RSI un sommet plus haut. Les quatre noms ne sont donc que la combinaison de deux questions, et rien de plus.Haussière on regarde des CREUXBaissière on regarde des SOMMETSClassiqueCachéele prix se retourneraitla tendance continueraitprixRSIClassique haussièrePrix : creux plus BAS · RSI : creux plus HAUTprixRSIClassique baissièrePrix : sommet plus HAUT · RSI : sommet plus BASprixRSICachée haussièrePrix : creux plus HAUT · RSI : creux plus BASprixRSICachée baissièrePrix : sommet plus BAS · RSI : sommet plus HAUT
Les quatre noms ne sont que la combinaison de deux questions : regarde-t-on des creux ou des sommets, et attend-on un retournement ou une continuation ? Il n’y a rien d’autre à mémoriser. Dans les quatre cas, les deux petits traits penchent en sens contraire — c’est ce qui en fait des divergences.
Les cinq figures qu’on regroupe abusivement sous le mot divergence — dont une qui n’en est pas.
FigureCe qu’on observeCe que ça vaut
Divergence classique haussièreLe prix fait un creux plus bas, le RSI un creux plus hautChez Wilder : « a very strong indication ». Chez Cardwell : un phénomène normal de tendance
Divergence classique baissièreLe prix fait un sommet plus haut, le RSI un sommet plus basIdem, symétrique
Divergence cachée haussièreLe prix fait un creux plus haut, le RSI un creux plus basLue comme une continuation. Aucune mesure primaire trouvée
Divergence cachée baissièreLe prix fait un sommet plus bas, le RSI un sommet plus hautIdem, symétrique. Aucune mesure primaire trouvée
Failure swingLe RSI casse son propre creux ou son propre sommet précédentCe n’est pas une divergence. C’est une figure interne au RSI, qui ne regarde pas le prix
Ce qu’on entend, et qui est faux

« Le failure swing, c’est la divergence »

Chez Wilder ce sont deux rubriques distinctes de la même section. Le failure swing se lit sur le seul tracé du RSI, sans jamais comparer au prix. Toute définition qui fait entrer le prix décrit une divergence, pas un failure swing.

Ce qu’on entend, et qui est faux

« Les divergences réussissent dans 85 à 91 % des cas »

Ces taux viennent de comptages manuels sur un seul actif, sans paramètres de détection publiés, sans ratio gain/perte, sans coûts, et non reproductibles. Le seul test académique dont le code est accessible trouve un résultat indistinguable de l’aléatoire. La documentation de référence dit d’ailleurs l’inverse du mythe :

« divergences are misleading in a strong trend. A strong uptrend can show numerous bearish divergences before a top materializes. »

StockCharts ChartSchool, RSI
Comment on fabrique un taux de réussite de 85 %Trois paires de barres. Chaque paire correspond à une façon de définir un pivot — le sommet ou le creux qu’on entoure : il faut 3, 5 ou 8 bougies de chaque côté pour qu’un point soit reconnu comme extrême. La barre de gauche mesure la réussite si l’on entrait au pivot lui-même, ce que personne ne peut faire ; la barre de droite mesure la réussite à la confirmation, le premier instant où le signal est connaissable. Quand la fenêtre s’élargit, la barre de gauche grimpe de 65,7 % à 85,3 % — parce qu’on regarde de plus en plus loin dans le futur pour décider ce qu’était un pivot. La barre de droite, elle, reste collée à la ligne du hasard tracée à 49,7 %, quelle que soit la fenêtre. Autrement dit : le taux élevé qu’on voit dans les publicités de formation ne mesure pas le marché, il mesure la quantité de futur qu’on s’est autorisé à regarder.0 %25 %50 %75 %100 %le hasard : 49,7 %au pivot — fenêtre 3 : 65,7 %65,7 %à la confirmation — fenêtre 3 : 50,5 %50,5 %fenêtre 33 bougies de chaque côtéau pivot — fenêtre 5 : 74,2 %74,2 %à la confirmation — fenêtre 5 : 50,7 %50,7 %fenêtre 55 bougies de chaque côtéau pivot — fenêtre 8 : 85,3 %85,3 %à la confirmation — fenêtre 8 : 49,6 %49,6 %fenêtre 88 bougies de chaque côtéMesuré au pivotimpossible en réelMesuré à la confirmationle seul honnêteÉlargir la fenêtre fait passerle taux « au pivot » de 65,7 %à 85,3 %. Le taux réel,lui, ne bouge pas.
Voici comment on fabrique un taux de réussite élevé, sans tricher une seule fois. Il suffit de changer ce qu’on appelle un pivot — le sommet ou le creux qu’on entoure après coup. Exiger 3 bougies de chaque côté plutôt que 8, c’est regarder moins loin dans le futur — et le taux mesuré au pivot tombe de 85,3 % à 65,7 %. Pendant ce temps, le taux mesuré au premier instant où le signal est connaissable ne bouge pas : il reste collé au hasard. Autrement dit, le chiffre vendu ne mesure pas le marché, il mesure la quantité de futur que l’auteur s’est autorisé à regarder. C’est pour cette raison qu’un taux publié sans ses paramètres de détection est ininterprétable.

Le piège qui invalide presque toutes les statistiques publiées sur les divergences. Une divergence se construit sur des pivots. Or un Un pivot est un point où la courbe change de sens : un sommet est plus haut que les bougies qui l’entourent des deux côtés, un creux est plus bas. n’est confirmé que N barres après coup — la fonction qui le détecte renvoie « rien » jusque-là, puis affiche le point en arrière. Le signal que vous voyez tracé à la date du sommet n’était pas connaissable à cette date. Toute mesure faite sur un graphique historique, sans reproduire ce décalage, mesure une information que le trader n’avait pas.

Corollaire : il n’existe pas un taux de réussite de la divergence, mais une famille de taux indexée sur les paramètres de détection. Un taux publié sans eux est ininterprétable.

Le délai entre le sommet et le moment où on peut le voirUne vraie série de prix — DXY H1 — sur laquelle une divergence s’est formée. Une bande hachurée couvre 5 bougies : celles qui séparent le sommet du moment où il devient reconnaissable. Pendant cette bande, la figure n’existe pour personne, puisqu’il manque encore les barres qui feront de ce sommet un sommet. Deux flèches de longueur strictement identique partent l’une du sommet, l’autre de la confirmation, et courent toutes deux sur 10 bougies. L’exemple est une divergence classique baissière : l’entrée est une vente — une variation négative est donc un gain. La première rapporte −0,07 %, la seconde 0,05 % : sur ce cas, entrer au sommet aurait gagné et entrer à la confirmation aurait perdu. La durée de détention est la même ; seul le point de départ change, et il suffit à retourner le résultat. C’est ce décalage que reproduisent les captures d’écran de divergences réussies, où le sommet est entouré après coup.Le sommet se forme.Personne ne le sait.On peut enfin le voir.C’est ici qu’on entre.5 bougiesd’aveuglementEntrée au sommet — impossible−0,07 %Entrée à la confirmation — la seule réelle+0,05 %Même durée de détention (10 bougies). Seul le départ change.L’entrée est une vente : le −0,07 % du sommet est un gain, le +0,05 % de la confirmation une perte.
Le même cas, réel, mesuré deux fois. La bande hachurée couvre les 5 bougies pendant lesquelles la figure n’existait pour personne : il manquait encore les barres de droite qui feraient de ce sommet un sommet. Les deux flèches ont exactement la même longueur — 10 bougies de détention — et seul leur point de départ change. Cela suffit à retourner le résultat, de −0,07 % à 0,05 % — et comme l’exemple est une divergence classique baissière, donc une entrée à la vente, la variation négative était le gain. Sur l’ensemble des 2 476 divergences comparables, l’écart n’est pas anecdotique : 74,2 % au pivot contre 50,7 % à la confirmation, soit 23,5 points fabriqués par le seul recul. Et une fois retranché ce que le marché faisait de toute façon (49,7 %), il reste 1,0 point.
Conduite à tenir
  • Avant d’appeler une figure « divergence », retrouvez-la dans le tableau ci-dessus et écrivez son nom exact.
  • Si la figure ne compare pas le RSI au prix, vous saurez que ce n’est pas une divergence mais un failure swing.
  • Quand on vous annonce un taux de réussite, demandez les paramètres de détection des pivots et le décalage de confirmation ; sans eux, le taux n’est pas interprétable.
  • Ce que vous ne faites pas : vous ne datez pas une divergence du sommet où elle se dessine. À cette date, personne ne pouvait la voir.
05 ·

Alors mesurons-les, ici, sur ces données

Plutôt que de vous demander de nous croire : voici le détecteur, ses réglages, et ce qu’il trouve.

Le moteur de ce site détecte les pivots avec 5 bougies à gauche et 5 à droite, apparie uniquement des pivots consécutifs distants de 5 à 60 bougies, et prend l’entrée à la La clôture est le dernier prix atteint juste avant que la tranche de temps se termine. C’est le seul des quatre prix d’une bougie qui ne bougera plus jamais ensuite. de la barre de confirmation — jamais au sommet lui-même. Sur les 3 jeux de données embarqués, il trouve 20 divergences.

Nombre de divergences trouvées par type sur les trois jeux de données.
Type de figureNombre trouvé
Divergence cachée baissière6
Divergence cachée haussière6
Divergence classique baissière6
Divergence classique haussière2
Divergence classique baissière sur Indice du dollar, 1 heureDivergence classique baissière détectée sur Indice du dollar, 1 heure. Le prix passe de 100,0230 à 100,0830 tandis que le RSI passe de 64,9 à 62,3. Le second point se forme à la barre 269 mais n’est confirmé qu’à la barre 274, soit 5 bougies plus tard.Intervalle pendant lequel la figure n’est pas encore confirmée3070Premier point : prix 100,0230, RSI 64,9Second point : prix 100,0830, RSI 62,3Barre de confirmation — le premier moment où la figure est lisible
Divergence classique baissière — Indice du dollar, 1 heure, détectée par le moteur du site sur les données réelles embarquées. Le prix inscrit un sommet plus haut que le précédent, le RSI un sommet plus bas. La bande claire marque les 5 bougies qui séparent le second sommet ou creux de sa confirmation : pendant tout cet intervalle, la figure n’existe pas encore pour quelqu’un qui regarde le graphique en direct.
Lire les valeurs chiffrées
Valeurs chiffrées — Divergence classique baissière — Indice du dollar, 1 heure, détectée par le moteur du site sur les données réelles embarquées. Le prix inscrit un sommet plus haut que le précédent, le RSI un sommet plus bas. La bande claire marque les 5 bougies qui séparent le second sommet ou creux de sa confirmation : pendant tout cet intervalle, la figure n’existe pas encore pour quelqu’un qui regarde le graphique en direct.
PointBougiePrixRSI 14
Premier258100,023064,9
Second269100,083062,3
Confirmation274——
Divergence cachée haussière sur Indice du dollar, 1 heureDivergence cachée haussière détectée sur Indice du dollar, 1 heure. Le prix passe de 99,7250 à 99,7740 tandis que le RSI passe de 52,4 à 49,9. Le second point se forme à la barre 228 mais n’est confirmé qu’à la barre 233, soit 5 bougies plus tard.Intervalle pendant lequel la figure n’est pas encore confirmée3070Premier point : prix 99,7250, RSI 52,4Second point : prix 99,7740, RSI 49,9Barre de confirmation — le premier moment où la figure est lisible
Divergence cachée haussière — Indice du dollar, 1 heure, détectée par le moteur du site sur les données réelles embarquées. Ici le prix fait un creux plus haut et le RSI un creux plus bas : la figure lue comme une continuation de tendance. La bande claire marque les 5 bougies qui séparent le second sommet ou creux de sa confirmation : pendant tout cet intervalle, la figure n’existe pas encore pour quelqu’un qui regarde le graphique en direct.
Lire les valeurs chiffrées
Valeurs chiffrées — Divergence cachée haussière — Indice du dollar, 1 heure, détectée par le moteur du site sur les données réelles embarquées. Ici le prix fait un creux plus haut et le RSI un creux plus bas : la figure lue comme une continuation de tendance. La bande claire marque les 5 bougies qui séparent le second sommet ou creux de sa confirmation : pendant tout cet intervalle, la figure n’existe pas encore pour quelqu’un qui regarde le graphique en direct.
PointBougiePrixRSI 14
Premier21599,725052,4
Second22899,774049,9
Confirmation233——

Ce que ça donne, et pourquoi il ne faut rien en conclure

Réussite définie très faiblement : le prix a bougé dans le sens attendu sur l’horizon retenu. Pas de stop, pas d’objectif, pas de frais. Une définition indulgente qui échoue quand même en dit plus qu’une définition sévère qu’on ajuste jusqu’à ce qu’elle passe.

Taux de réussite des divergences détectées, selon l’horizon de mesure.
HorizonSignaux mesurablesRéussitesTauxProbabilité d’un tel résultat à pile ou face
5 bougies20840,0 %0,252
10 bougies19736,8 %0,180
20 bougies18527,8 %0,048
40 bougies15533,3 %0,151

Lisez ce tableau de haut en bas, et vous verrez la leçon la plus importante du site. Le taux passe de 40,0 % à 27,8 % selon un réglage que personne ne peut justifier a priori : le nombre de bougies pendant lesquelles on regarde. Et à un seul de ces horizons, le résultat devient « statistiquement significatif ».

Si nous n’avions publié que celui-là, vous auriez lu un résultat. En les publiant tous les quatre, vous voyez ce que c’est réellement : un chiffre qui dépend du réglage qu’on choisit de montrer. C’est exactement le mécanisme qui produit les taux de 85 % à 91 % qu’on vous vendra ailleurs.

Ce qu’on entend, et qui est faux

« Ce site vient donc de prouver que les divergences ne marchent pas »

Non, et affirmer le contraire serait commettre ici la faute que nous dénonçons partout ailleurs. 18 signaux, c’est un échantillon minuscule. La page « Ce qui décide » montre qu’il en faudrait plusieurs centaines pour trancher. Ce que ces données établissent est plus modeste et plus utile : sur cet historique, rien ne ressemble de près ou de loin aux 85-91 % annoncés par l’industrie — et le chiffre obtenu dépend d’un réglage arbitraire. Pour conclure, il faudrait un échantillon des dizaines de fois plus grand. La section suivante le construit.

Conduite à tenir
  • Lisez le tableau des horizons de haut en bas et repérez la ligne qui vous arrangerait : c’est celle qu’on vous montrerait ailleurs, seule.
  • Quand vous testez une règle chez vous, fixez l’horizon de mesure et écrivez-le avant de regarder le résultat.
  • Comptez vos propres signaux avant toute conclusion : à quelques dizaines, vous saurez seulement que vous ne savez pas.
  • Ce que vous ne faites pas : vous ne concluez pas de ce tableau que les divergences ne fonctionnent pas. L’échantillon est trop petit pour trancher, dans un sens comme dans l’autre.
06 ·

Le classement complet — et pourquoi son ordre ne veut rien dire

La section précédente disait qu’il faudrait un échantillon des dizaines de fois plus grand. Le voici : 2 478 divergences sur 84 443 bougies et 11 marchés. Vous alliez demander lesquelles sont les plus fortes ; c’est exactement la question à laquelle nous avons voulu répondre par une mesure plutôt que par un avis.

Lisez ce paragraphe avant le tableau, parce que le tableau seul vous trompera. Nous avons classé les quatre figures, sur quatre horizons, de la meilleure à la pire. Puis nous avons posé la seule question qui décide si un classement signifie quelque chose : tient-il quand on change de marché ?

Le corpus a donc été coupé en deux familles décidées d’avance, et pour une raison qui n’est pas le résultat : les paires de change d’un côté, les indices de l’autre. Deux mondes différents — l’un sans dérive de fond, l’autre en hausse depuis des décennies. Si l’ordre des quatre figures était une propriété des divergences, on le retrouverait des deux côtés.

Il ne s’y retrouve pas. Sur les 16 rangs comparés, 3 seulement sont identiques dans les deux familles — quand le pur hasard en donnerait 4. Le cas le plus net est à l’horizon 20 : la figure classée dernière sur le change y est première sur les indices. La même figure, le même détecteur, la même définition de la réussite.

Le classement, dessiné avant d’être écrit

Vous avez demandé un tri du plus fort au plus faible. Le voici — mais dessiné d’abord, et ce choix n’est pas une coquetterie. En 2015, Boysen a montré à des enseignants du supérieur des moyennes d’évaluations d’enseignement accompagnées de leurs intervalles de confiance et de la mention explicite « ces écarts ne sont pas significatifs ». Ils ont interprété les petits écarts quand même. Un avertissement au-dessus des chiffres ne désamorce pas la comparaison : c’est la forme qu’il faut changer. Sur des barres, l’œil compare des hauteurs et fabrique un vainqueur ; sur des traits partageant un axe, la première chose qu’il voit est qu’ils se traversent tous. Et l’axe où ils se lisent est l’écart au Le taux de base, c’est ce que fait le marché tout seul, sans aucune règle : la proportion de fois où le prix va dans le sens attendu, en prenant toutes les bougies sans exception. de leur propre marché.

Comment lire une fourchette de confianceTrois barres horizontales posées sur un axe, avec une verticale au zéro. Chaque barre est une fourchette : le point au milieu est la mesure obtenue, les deux bouts disent jusqu’où la vraie valeur peut raisonnablement aller. Premier cas, la barre est entièrement à droite du zéro : même son bout le plus pessimiste reste positif. Deuxième cas, elle est entièrement à gauche : même son bout le plus optimiste reste négatif. Troisième cas, elle traverse le zéro : on ne peut pas distinguer cette mesure de l’absence d’effet, et c’est le cas le plus fréquent sur ce site. Une barre longue veut dire peu de données ou beaucoup de variabilité ; une barre courte, le contraire.zéro — « ça ne change rien »−8−4+4+8Entièrement à droite du zéroMême le bout le plus pessimiste reste positif.Entièrement à gauche du zéroMême le bout le plus optimiste reste négatif.À cheval sur le zéroLe zéro est dedans : impossible de distinguer cette mesure de « rien du tout ». C’est le cas le plus fréquent sur ce site.la mesure obtenueau moinsau plus
Le mode d’emploi, avant la figure elle-même. Chaque trait est une fourchette : le point au milieu est la mesure obtenue, et les deux bouts disent jusqu’où la vraie valeur peut raisonnablement se trouver. Ce qui compte n’est pas la position du point, c’est de savoir si le trait traverse le zéro. S’il le traverse, on ne peut pas distinguer la mesure de « rien du tout » — quelle que soit la jolie valeur affichée au milieu. Un trait long ne veut pas dire un mauvais résultat : il veut dire peu de données, ou beaucoup de variabilité. C’est une mesure de ce qu’on ignore, pas de ce qui marche.
Les seize combinaisons de figure et d’horizon, avec leur fourchette16 segments horizontaux sur un axe commun allant de −6,2 à 7,5 points. Chaque segment est la fourchette d’une combinaison, le point marque l’écart mesuré. Aucun des 16 segments n’exclut la verticale de zéro : ils la traversent tous, et ils se recouvrent tous entre −1,0 et 1,2 points, zone grisée sur la figure.Zone compatible avec toutes les lignes à la foisclassique haussière — 5 barresclassique haussière — 5 barres : 3,321 pts (de −1,007 à 7,543 pts)classique haussière — 10 barresclassique haussière — 10 barres : 3,255 pts (de −1,074 à 7,460 pts)classique haussière — 1 barreclassique haussière — 1 barre : 2,202 pts (de −2,133 à 6,486 pts)cachée baissière — 1 barrecachée baissière — 1 barre : 1,625 pts (de −2,768 à 6,045 pts)cachée haussière — 10 barrescachée haussière — 10 barres : 0,916 pts (de −2,735 à 4,504 pts)cachée baissière — 10 barrescachée baissière — 10 barres : 0,837 pts (de −3,516 à 5,263 pts)classique haussière — 20 barresclassique haussière — 20 barres : 0,791 pts (de −3,545 à 5,016 pts)classique baissière — 5 barresclassique baissière — 5 barres : −0,112 pts (de −3,665 à 3,491 pts)cachée baissière — 5 barrescachée baissière — 5 barres : −0,256 pts (de −4,605 à 4,170 pts)classique baissière — 20 barresclassique baissière — 20 barres : −0,402 pts (de −3,926 à 3,197 pts)classique baissière — 1 barreclassique baissière — 1 barre : −0,538 pts (de −4,102 à 3,066 pts)classique baissière — 10 barresclassique baissière — 10 barres : −0,563 pts (de −4,099 à 3,036 pts)cachée haussière — 20 barrescachée haussière — 20 barres : −1,228 pts (de −4,886 à 2,373 pts)cachée baissière — 20 barrescachée baissière — 20 barres : −1,967 pts (de −6,240 à 2,442 pts)cachée haussière — 5 barrescachée haussière — 5 barres : −2,131 pts (de −5,783 à 1,504 pts)cachée haussière — 1 barrecachée haussière — 1 barre : −2,467 pts (de −6,105 à 1,184 pts)écart au taux de base, en points de pourcentage
Les seize combinaisons de figure et d’horizon, avec leur fourchette16 segments horizontaux sur un axe commun allant de −6,2 à 7,5 points. Chaque segment est la fourchette d’une combinaison, le point marque l’écart mesuré. Aucun des 16 segments n’exclut la verticale de zéro : ils la traversent tous, et ils se recouvrent tous entre −1,0 et 1,2 points, zone grisée sur la figure.Zone compatible avec toutes les lignes à la foisclassique haussière — 5 barresclassique haussière — 5 barres : 3,321 pts (de −1,007 à 7,543 pts)classique haussière — 10 barresclassique haussière — 10 barres : 3,255 pts (de −1,074 à 7,460 pts)classique haussière — 1 barreclassique haussière — 1 barre : 2,202 pts (de −2,133 à 6,486 pts)cachée baissière — 1 barrecachée baissière — 1 barre : 1,625 pts (de −2,768 à 6,045 pts)cachée haussière — 10 barrescachée haussière — 10 barres : 0,916 pts (de −2,735 à 4,504 pts)cachée baissière — 10 barrescachée baissière — 10 barres : 0,837 pts (de −3,516 à 5,263 pts)classique haussière — 20 barresclassique haussière — 20 barres : 0,791 pts (de −3,545 à 5,016 pts)classique baissière — 5 barresclassique baissière — 5 barres : −0,112 pts (de −3,665 à 3,491 pts)cachée baissière — 5 barrescachée baissière — 5 barres : −0,256 pts (de −4,605 à 4,170 pts)classique baissière — 20 barresclassique baissière — 20 barres : −0,402 pts (de −3,926 à 3,197 pts)classique baissière — 1 barreclassique baissière — 1 barre : −0,538 pts (de −4,102 à 3,066 pts)classique baissière — 10 barresclassique baissière — 10 barres : −0,563 pts (de −4,099 à 3,036 pts)cachée haussière — 20 barrescachée haussière — 20 barres : −1,228 pts (de −4,886 à 2,373 pts)cachée baissière — 20 barrescachée baissière — 20 barres : −1,967 pts (de −6,240 à 2,442 pts)cachée haussière — 5 barrescachée haussière — 5 barres : −2,131 pts (de −5,783 à 1,504 pts)cachée haussière — 1 barrecachée haussière — 1 barre : −2,467 pts (de −6,105 à 1,184 pts)écart au taux de base, en points de pourcentage
Le trait dit ce qu’on ignore ; le point dit ce qu’on a mesuré. Les 16 combinaisons sont rangées du meilleur écart au pire, exactement comme dans le tableau qui suit. L’ordre ne se voit pas, parce qu’il n’y a rien à voir : aucune des 120 paires ne se départage une fois testée sur sa différence, au seuil corrigé pour les avoir toutes menées. La bande grisée est ce que les 16 fourchettes ont en commun : une seule valeur d’avantage, n’importe laquelle entre −1,0 et 1,2 point, suffit à expliquer les 16 lignes à la fois — et zéro en fait partie.
Lire les valeurs chiffrées
Valeurs chiffrées — Le trait dit ce qu’on ignore ; le point dit ce qu’on a mesuré. Les 16 combinaisons sont rangées du meilleur écart au pire, exactement comme dans le tableau qui suit. L’ordre ne se voit pas, parce qu’il n’y a rien à voir : aucune des 120 paires ne se départage une fois testée sur sa différence, au seuil corrigé pour les avoir toutes menées. La bande grisée est ce que les 16 fourchettes ont en commun : une seule valeur d’avantage, n’importe laquelle entre −1,0 et 1,2 point, suffit à expliquer les 16 lignes à la fois — et zéro en fait partie .
CombinaisonÉcart mesuréBorne basseBorne haute
classique haussière — 5 barres+3,3 pts−1,0 pts7,5 pts
classique haussière — 10 barres+3,3 pts−1,1 pts7,5 pts
classique haussière — 1 barre+2,2 pts−2,1 pts6,5 pts
cachée baissière — 1 barre+1,6 pts−2,8 pts6,0 pts
cachée haussière — 10 barres+0,9 pts−2,7 pts4,5 pts
cachée baissière — 10 barres+0,8 pts−3,5 pts5,3 pts
classique haussière — 20 barres+0,8 pts−3,5 pts5,0 pts
classique baissière — 5 barres−0,1 pts−3,7 pts3,5 pts
cachée baissière — 5 barres−0,3 pts−4,6 pts4,2 pts
classique baissière — 20 barres−0,4 pts−3,9 pts3,2 pts
classique baissière — 1 barre−0,5 pts−4,1 pts3,1 pts
classique baissière — 10 barres−0,6 pts−4,1 pts3,0 pts
cachée haussière — 20 barres−1,2 pts−4,9 pts2,4 pts
cachée baissière — 20 barres−2,0 pts−6,2 pts2,4 pts
cachée haussière — 5 barres−2,1 pts−5,8 pts1,5 pts
cachée haussière — 1 barre−2,5 pts−6,1 pts1,2 pts

Aucune des 120 paires de ce tableau ne se départage. Et il faut dire comment on l’a testé, parce que la façon évidente de le faire est fausse — nous l’avons d’abord commise. Constater que deux fourchettes se chevauchent ne prouve pas que les deux figures sont indistinctes : l’incertitude sur la différence de deux mesures est plus petite que la somme de leurs incertitudes, si bien que deux fourchettes qui se recouvrent peuvent tout de même abriter un écart réel. C’est précisément le raisonnement que Goldstein et Spiegelhalter dénoncent dans l’article cité plus bas.

Nous avons donc testé la bonne chose : la différence de chaque paire, avec sa propre incertitude. Sans aucune précaution, 2 paires sur 120 paraissent se départager — quand le hasard seul en produirait 6 à ce nombre de comparaisons. Au seuil corrigé pour les avoir toutes menées, il en reste 0. Le « vainqueur » ne se distingue de personne, et ce n’est pas une figure de style : c’est le résultat du test.

Le recouvrement, lui, reste une bonne façon de voir ce que vous avez sous les yeux — à condition de ne rien en conclure tout seul. Les 120 paires se chevauchent toutes. Et 11 des 15 autres écarts — soit 73 % d’entre eux — tombent à l’intérieur de la fourchette de la première ligne.

Et le fait le plus net est celui que la bande grisée dessine : il existe une valeur unique d’avantage — n’importe laquelle entre −1,0 et 1,2 point — compatible avec les 16 lignes à la fois. Autrement dit, « ces seize figures ont exactement le même effet » n’est pas réfuté par ces données. Et zéro est dans cette bande : « elles ont toutes le même effet, à savoir aucun » non plus.

Et le détail chiffré, ligne à ligne

Les mêmes 16 combinaisons, dans le même ordre, avec ce que la figure ne peut pas montrer : les effectifs et les taux bruts. Il n’y a pas de colonne de rang, et c’est délibéré — un numéro de 1 à 16 est précisément ce qui fabrique un vainqueur là où la mesure n’en désigne aucun. L’écart est la seule colonne qui compte : chaque figure y est comparée au taux de base de son propre marché, au même horizon et dans le même sens. Sans cette soustraction, une divergence haussière mesurée sur un indice qui monte depuis cinquante ans paraîtrait brillante alors qu’elle fait moins bien que ne rien faire du tout.

Les 16 combinaisons de figure et d’horizon, avec leur effectif, leur taux de réussite, le taux de base du marché et la fourchette de l’écart.
FigureHorizonSignauxTauxTaux de baseÉcartFourchette de l’écart
classique haussière5 barres51457,2 %53,9 %+3,3 pts−1,0 à 7,5
classique haussière10 barres51258,4 %55,1 %+3,3 pts−1,1 à 7,5
classique haussière1 barre51453,5 %51,3 %+2,2 pts−2,1 à 6,5
cachée baissière1 barre49348,3 %46,7 %+1,6 pts−2,8 à 6,0
cachée haussière10 barres72556,0 %55,1 %+0,9 pts−2,7 à 4,5
cachée baissière10 barres49345,2 %44,4 %+0,8 pts−3,5 à 5,3
classique haussière20 barres51257,4 %56,6 %+0,8 pts−3,5 à 5,0
classique baissière5 barres74645,2 %45,3 %−0,1 pts−3,7 à 3,5
cachée baissière5 barres49345,0 %45,3 %−0,3 pts−4,6 à 4,2
classique baissière20 barres74442,7 %43,1 %−0,4 pts−3,9 à 3,2
classique baissière1 barre74646,1 %46,7 %−0,5 pts−4,1 à 3,1
classique baissière10 barres74643,8 %44,4 %−0,6 pts−4,1 à 3,0
cachée haussière20 barres72355,3 %56,6 %−1,2 pts−4,9 à 2,4
cachée baissière20 barres49341,2 %43,1 %−2,0 pts−6,2 à 2,4
cachée haussière5 barres72551,7 %53,9 %−2,1 pts−5,8 à 1,5
cachée haussière1 barre72548,8 %51,3 %−2,5 pts−6,1 à 1,2

Aucune des 16 lignes n’a une fourchette qui exclut zéro. La première affiche 3,3 points d’avance, et sa fourchette va de −1,0 à 7,5 : elle contient zéro, donc « aucun avantage » reste une explication parfaitement compatible avec ce qu’on observe. Et ce n’est pas faute d’échantillon — chaque ligne repose sur au moins 493 signaux.

Le précédent est connu et il ne vient pas de la finance : en 1996, Goldstein et Spiegelhalter ont repris un classement de quinze établissements rangés de 1 à 15 et montré qu’une fois l’incertitude tracée, une seule comparaison restait défendable. Un rang n’est pas une mesure : c’est le résumé le plus appauvri qu’on puisse en tirer, et ce qu’il jette en route est précisément ce qui dirait s’il faut y croire.

D’où vient l’idée qu’une divergence est forte ? De personne, en fait

Avant de tester la « force », il faut dire d’où elle sort. Nous sommes remontés à la source de chacune de ces croyances, et le résultat mérite d’être lu lentement.

Ce que les sources primaires disent réellement des divergences, et ce qu’elles ne disent pas.
Ce qu’on enseigneLa source primaire, retrouvéeCe qu’elle contient
La divergence est le signal le plus fiable du RSIWilder, New Concepts in Technical Trading Systems, 1978, chapitre 6La phrase existe — mais c’est une affirmation, pas une mesure. Wilder ne publie ni échantillon, ni taux, ni période de test. Sa démonstration tient en un graphique choisi. Le biais de sélection des exemples est présent dans la source elle-même
La divergence cachée annonce la continuationBarbara Star, Technical Analysis of Stocks & Commodities, volume 14 n°7, 1996, p. 285-289C’est la première publication identifiable du concept. Aucune statistique, aucun effectif, aucun auteur antérieur crédité. Tout ce qui s’enseigne aujourd’hui sous ce nom descend de cet article
Plus la divergence est ample, plus le retournement est probableDocumentation d’un éditeur de logiciel professionnel qui commercialise un indice de divergence graduéSa propre documentation présente cette gradation comme ce que « pensent les théoriciens », et ne cite aucune étude. La croyance est donc formalisée, vendue, et jamais mesurée

Ce n’est pas une accusation de malhonnêteté, c’est une observation de chaîne. Une affirmation de 1978 sans mesure, un article de 1996 sans effectif, et un produit qui gradue la force sans étude : à aucun maillon quelqu’un n’a menti ; à aucun maillon quelqu’un n’a compté non plus. C’est exactement le vide que la section qui suit remplit.

« Oui, mais celle-là était plus forte »

C’est la réponse qu’on vous fera, et elle est raisonnable : toutes les divergences ne se valent pas, un grand écart de RSI vaudrait mieux qu’un petit. Nous avons donc testé 5 critères de force enseignés partout, sur les 4 figures, à l’horizon 10. Chacun deux fois : en comparant le quart le plus fort au quart le plus faible, puis par Un nombre entre −1 et 1 qui dit à quel point deux mesures montent et descendent ensemble : 1 veut dire toujours ensemble, 0 aucun lien, −1 toujours en sens contraire. de rang sur l’échantillon entier — le second parce que le premier jette la moitié des données.

Cinq critères de force couramment enseignés, testés sur chaque type de divergence, par comparaison de quartiles et par corrélation de rang.
Critère de forceFigureSignauxQuart fortQuart faibleÉcartCorrélationVerdict
écart du RSI entre les deux sommetsclassique haussière51257,8 %60,9 %−3,1 pts−0,081rien
écart du RSI entre les deux sommetsclassique baissière74643,0 %43,0 %+0,0 pts−0,014rien
écart du RSI entre les deux sommetscachée haussière72555,2 %51,9 %+3,3 pts0,008rien
écart du RSI entre les deux sommetscachée baissière49343,9 %48,8 %−4,9 pts−0,016rien
RSI en zone extrême au second pivotclassique haussière51250,8 %56,3 %−5,5 pts−0,024rien
RSI en zone extrême au second pivotclassique baissière74646,2 %39,8 %+6,5 pts0,047rien
RSI en zone extrême au second pivotcachée haussière72555,2 %59,7 %−4,4 pts−0,044rien
RSI en zone extrême au second pivotcachée baissière49341,5 %48,8 %−7,3 pts−0,041rien
distance entre les deux pivotsclassique haussière51257,0 %55,5 %+1,6 pts0,021rien
distance entre les deux pivotsclassique baissière74643,5 %43,5 %+0,0 pts−0,006rien
distance entre les deux pivotscachée haussière72550,8 %60,2 %−9,4 pts−0,064rien
distance entre les deux pivotscachée baissière49341,5 %46,3 %−4,9 pts−0,030rien
écart de prix entre les deux sommetsclassique haussière51260,9 %60,2 %+0,8 pts0,087rien
écart de prix entre les deux sommetsclassique baissière74640,9 %50,0 %−9,1 pts−0,082à re-vérifier
écart de prix entre les deux sommetscachée haussière72558,6 %58,0 %+0,6 pts0,040rien
écart de prix entre les deux sommetscachée baissière49340,7 %52,8 %−12,2 pts−0,093rien
accord avec la tendance EMA 200classique haussière51264,1 %53,9 %+10,2 pts0,063rien
accord avec la tendance EMA 200classique baissière74645,7 %50,0 %−4,3 pts0,067rien
accord avec la tendance EMA 200cachée haussière72555,2 %55,2 %+0,0 pts−0,004rien
accord avec la tendance EMA 200cachée baissière49346,3 %39,8 %+6,5 pts0,032rien

0 test sur 20 par quartiles, 1 sur 20 par corrélation. Or le pur hasard en produit 1,0 à lui seul, à ce nombre de tests. Autrement dit : ce que nous trouvons est exactement ce que trouverait quelqu’un qui mesurerait des séries sans aucun rapport avec les prix. La « force » d’une divergence — l’ampleur de l’écart du RSI, sa position en zone extrême, la distance entre les sommets, l’ampleur du mouvement de prix, l’accord avec la tendance longue — ne porte aucune information mesurable sur ce qui va suivre. Et la moitié de ces critères pointe dans le mauvais sens.

Ce que ce banc aurait vu, et qu’il n’a pas vu

Dire « nous n’avons rien trouvé » sans dire ce qu’on aurait été capable de voir n’est pas une mesure, c’est un silence. Voici donc le plus petit avantage que cet échantillon aurait détecté, avec quatre chances sur cinq de le repérer s’il existait :

Le plus petit écart de taux détectable à 80 % de puissance, par type de divergence, compte tenu de son effectif.
FigureSignauxPlus petit écart détectable
classique haussière5126,0 points
classique baissière7465,0 points
cachée haussière7255,0 points
cachée baissière4936,0 points

Lisez ce tableau comme un plafond, pas comme un verdict : si l’une de ces figures donnait 6 points d’avantage, nous l’aurions vue. En dessous, ce banc ne tranche pas — et personne, avec cet historique, ne le pourrait.

Ce que ces mesures n’établissent pas, et il faut le dire aussi. Elles ne démontrent pas qu’aucune divergence n’a jamais rien annoncé. Elles établissent quelque chose de plus étroit et de plus solide : la divergence prise comme figure automatique, détectée mécaniquement et jouée sans contexte, ne se distingue pas du marché sur 2 478 cas. Un opérateur qui utilise la divergence comme un élément de lecture parmi d’autres ne fait pas ce que ce banc mesure. Nous ne mesurons pas son jugement ; nous mesurons ce que l’industrie lui vend à la place.

Et la limite honnête de la méthode : nos pivots sont confirmés à 5 bougies, nos appariements limités aux sommets consécutifs distants de 5 à 60 bougies. D’autres réglages donneraient d’autres nombres. Nous publions celui-ci parce qu’il a été fixé avant de mesurer, pas parce qu’il donne le résultat le plus confortable — et le code qui le calcule est dans le dépôt, lisible ligne à ligne.

Conduite à tenir
  • Ouvrez le tableau du classement et cachez la colonne « Écart » avec le pouce : lisez d’abord la colonne « Fourchette ». Tant qu’elle contient zéro, la ligne ne dit rien, quel que soit son rang.
  • La prochaine fois qu’on vous présente une figure comme « plus forte » — grand écart de RSI, RSI en zone extrême, sommets éloignés —, demandez sur combien de cas cette force a été comparée à une figure faible, et quel écart en est sorti.
  • Avant d’accepter un classement de signaux, posez une seule question : a-t-il tenu sur un second marché indépendant ? Un ordre qui s’inverse d’une famille d’actifs à l’autre est un ordre de tirage, pas un ordre de mérite.
  • Notez le plus petit écart que votre propre historique permettrait de détecter avant de chercher un avantage dedans : sans ce chiffre, « ça marche » et « je ne peux pas voir si ça marche » se confondent.
  • Ce que vous ne faites pas : vous ne classez plus les divergences par leur allure, et vous ne présentez plus un rang comme une qualité tant que sa fourchette contient zéro.